Article

LPP : comprendre son 2e pilier

Le 2e pilier (LPP) est une part importante de votre future retraite, mais peu de gens comprennent vraiment comment il fonctionne. Cet article vous explique les bases : cotisations, avoir accumulé, droits en cas de départ ou d'achat immobilier.

1 juin 2025·3 min de lecture
LPP : comprendre son 2e pilier

Chaque mois, une partie de votre salaire disparaît dans une institution dont vous n'avez peut-être jamais entendu le nom. Votre employeur y verse également de l'argent. Et pourtant, peu de gens savent exactement ce que contient ce compte, comment il fonctionne, ou ce qu'il va leur rapporter à la retraite. Ce compte, c'est votre 2e pilier, aussi appelé LPP (Loi sur la prévoyance professionnelle).

Contrairement au 1er pilier (l'AVS), qui est une rente collective financée par tous, le 2e pilier vous appartient en propre. L'argent accumulé reflète votre parcours professionnel. Comprendre comment il fonctionne, c'est comprendre une bonne partie de votre future retraite.

À quoi sert le 2e pilier ?

Le système suisse de retraite repose sur trois piliers. Le 1er pilier (AVS) garantit un revenu minimum à tous. Le 2e pilier (LPP) vise à maintenir votre niveau de vie habituel une fois à la retraite. Ensemble, les deux piliers sont censés vous assurer environ 60% de votre dernier salaire.

Le 2e pilier couvre aussi d'autres risques : l'invalidité et le décès. Si vous êtes en incapacité de travail prolongée ou si vous décédez, votre caisse de pension verse des prestations à vous ou à vos proches.

Qui est obligatoirement assuré ?

Vous êtes obligatoirement affilié au 2e pilier si vous remplissez ces deux conditions :

  • Vous êtes salarié (pas indépendant)
  • Votre salaire annuel dépasse 22 680 francs en 2025 (c'est le seuil d'entrée LPP, appelé salaire minimal)

Si vous travaillez à temps partiel ou avez plusieurs employeurs, il faut faire attention : chaque contrat est évalué séparément. Un salaire de 15 000 francs par employeur ne vous rend pas obligatoirement assurable, même si la somme dépasse le seuil. Depuis 2023, une réforme est en discussion pour changer ces règles, notamment pour mieux protéger les personnes à temps partiel, souvent des femmes.

Les indépendants, eux, peuvent s'affilier volontairement à une caisse de pension ou à l'institution supplétive LPP.

Comment fonctionne votre compte de prévoyance ?

Chaque mois, votre employeur prélève une part de votre salaire et la verse à votre caisse de pension. Il y ajoute sa propre contribution, qui doit être au moins égale à la vôtre. En pratique, beaucoup d'employeurs versent davantage.

Le montant épargné dépend de votre âge. La LPP fixe des taux de cotisation minimaux selon les tranches d'âge :

  • 25 à 34 ans : 7% du salaire coordonné
  • 35 à 44 ans : 10%
  • 45 à 54 ans : 15%
  • 55 ans et plus : 18%

Le salaire coordonné, c'est votre salaire annuel moins une déduction de coordination (26 460 francs en 2025). C'est sur ce montant réduit que les cotisations sont calculées.

Cet argent s'accumule dans votre avoir de vieillesse, qui est rémunéré chaque année par un taux d'intérêt minimum fixé par le Conseil fédéral. En 2024, ce taux est de 1,25%. En 2025, il a été relevé à 1,25% également (les caisses surobligatoires peuvent offrir plus).

À la retraite, cet avoir est converti en rente annuelle selon un taux de conversion. Pour la partie obligatoire, ce taux est fixé à 6,8% pour les hommes à 65 ans et les femmes à 64 ans (bientôt 65 ans avec la réforme AVS 21). Concrètement : si vous avez accumulé 300 000 francs, vous recevrez 20 400 francs par an, soit 1 700 francs par mois.

Que faire en cas de changement de situation ?

Quand vous changez d'employeur, votre avoir LPP vous suit. Il est transféré dans la caisse de pension de votre nouvel employeur via un compte de libre passage si vous êtes temporairement sans emploi. La Fondation institution supplétive LPP gère ces transferts lorsqu'aucune caisse n'est encore désignée.

Si vous quittez la Suisse définitivement, vous pouvez retirer votre avoir en capital, sous certaines conditions. Si vous vous installez dans un pays de l'UE ou de l'AELE, la partie obligatoire doit rester bloquée jusqu'à l'âge de la retraite.

Vous pouvez aussi utiliser votre 2e pilier pour acheter un logement principal en Suisse (encouragement à la propriété du logement, ou EPL). Vous pouvez retirer jusqu'à la totalité de votre avoir ou le mettre en gage pour financer un achat immobilier. Attention : cela réduit vos prestations futures.

Y a-t-il des différences selon les cantons ?

La LPP est une loi fédérale, donc les règles de base sont identiques partout en Suisse. Mais les caisses de pension sont souvent liées à des secteurs ou à des entreprises. À Genève, de nombreux fonctionnaires sont affiliés à la CPEG (Caisse de prévoyance de l'État de Genève). Dans le canton de Vaud, c'est la CPEV pour les enseignants et fonctionnaires. À Zurich, la BVK gère la prévoyance du personnel de l'État.

Ces caisses publiques offrent souvent des prestations supérieures au minimum légal. Vérifiez toujours le règlement de votre propre caisse pour connaître vos droits réels.

Ce qu'il faut retenir

  • Demandez chaque année le relevé de votre avoir LPP à votre caisse de pension : vous avez le droit de savoir exactement ce que vous avez accumulé.
  • Si vous avez eu plusieurs employeurs, vérifiez que vous n'avez pas un compte de libre passage oublié auprès de la Fondation institution supplétive ou d'une banque : des millions de francs dorment dans des comptes non réclamés en Suisse.
  • Vérifiez que votre employeur verse bien les cotisations : en cas de doute, contactez directement votre caisse de pension.

Erreurs fréquentes à éviter

Beaucoup de gens pensent que le 2e pilier n'est utile qu'à la retraite et l'ignorent complètement jusqu'à leurs 60 ans. C'est une erreur : vérifier régulièrement son avoir permet de planifier, de détecter des erreurs de versement, et de comprendre ce que l'on va toucher.

Autre erreur classique : retirer son avoir en capital sans en mesurer les conséquences fiscales. Un retrait en capital est imposé séparément du revenu, à un taux réduit, mais il peut quand même représenter une facture fiscale significative selon votre canton. À Genève ou à Zurich, cette imposition peut dépasser 10% selon le montant. Il vaut mieux se renseigner à l'avance auprès de votre administration fiscale cantonale.

A

Gérez cela facilement avec Admini

Admini centralise toutes vos démarches administratives suisses — impôts, assurances, contrats — en un seul endroit. Simple et efficace.

Découvrir Admini →

Articles similaires